Vous cherchez un Nissan Qashqai d'occasion et vous avez déjà croisé des avertissements sur "le moteur à éviter". Le problème, c'est que la plupart des guides mélangent deux moteurs qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Voici comment ne pas vous tromper, génération par génération.

Évitez le 1.2 DIG-T fabriqué entre octobre 2012 et juillet 2016 : sa consommation d'huile excessive mène à la casse moteur. Ne le confondez pas avec le 1.3 DIG-T, un moteur différent et fiable introduit à partir de 2018

  • Le 1.2 DIG-T et le 1.3 DIG-T sont deux blocs différents malgré leurs noms proches, un piège fréquent.
  • Les diesels dCi de première génération souffrent de turbo et d'injecteurs fragiles.
  • La boîte automatique Xtronic (CVT) reste le point faible transverse à toutes les générations.
  • Le Qashqai III (2021 et après) est nettement plus fiable, à quelques points de vigilance près.

1.2 DIG-T contre 1.3 DIG-T : ne confondez pas ces deux moteurs

C'est le piège numéro un sur le Qashqai, et pratiquement aucun guide d'achat ne le clarifie. Le 1.2 DIG-T (code moteur H5FT) est un bloc hérité de l'alliance Renault-Nissan, badgé "1.2 TCe" chez Renault et Dacia. Fabriqué précisément entre le 1er octobre 2012 et le 20 juillet 2016, il souffre d'un défaut de segmentation qui provoque une consommation d'huile excessive, parfois jusqu'à 1 litre tous les 1 000 km, menant à une casse moteur prématurée.

Plus de 400 000 véhicules sont concernés en Europe toutes marques confondues : Nissan Juke, Pulsar et Qashqai II, mais aussi Dacia Duster, Lodgy, Dokker, et Renault Clio 4, Captur ou Kadjar. Le cas de la citadine du groupe est détaillé dans notre guide des Renault Clio et moteurs à éviter, qui couvre le même bloc sous son badge TCe.

Le 1.3 DIG-T (140 ou 158 ch), c'est une toute autre histoire. Ce moteur est co-développé avec Mercedes-Benz et introduit à partir de 2018, d'abord sur la fin de la deuxième génération, puis sur le Qashqai III. Il ne partage aucun défaut avec son cousin au nom proche. Retenez bien la nuance : ce n'est pas "le DIG-T corrigé", c'est un moteur entièrement différent.

La date de fabrication du moteur compte davantage que l'année de mise en circulation affichée sur l'annonce. Un véhicule immatriculé début 2017 peut très bien être équipé d'un moteur produit avant juillet 2016, à cause des délais de stock. Ne vous fiez pas au seul millésime, demandez la date de fabrication précise.

Le vrai défaut du 1.2 DIG-T : consommation d'huile et casse moteur

Le mécanisme est le suivant : une faible pression dans le collecteur d'admission, combinée à une forte dépression dans le cylindre, empêche le deuxième segment de piston de bien plaquer contre la paroi. L'huile est alors aspirée dans le cylindre et brûlée avec le carburant.

Les symptômes à surveiller : voyant moteur allumé, bruit suspect au démarrage à froid, fumée bleue à l'échappement, niveau d'huile qui chute anormalement vite entre deux vidanges. Sur ce moteur, contrôlez le niveau toutes les 1 500 km si vous en possédez déjà un. Si le témoin s'allume sans symptôme évident, notre guide sur le voyant moteur allumé sans problème apparent détaille la marche à suivre avant de conclure trop vite.

Une reprogrammation a été proposée sur les phases restylées 2017-2019, mais des cas de surconsommation persistent même après correction. Nissan n'a jamais émis de rappel général sur ce défaut, laissant chaque propriétaire négocier au cas par cas avec sa concession, avec des résultats très inégaux : certains obtiennent une prise en charge, d'autres essuient un refus net à quelques semaines de la fin de garantie.

Ce downsizing essence agressif n'est pas propre au 1.2 : l'alliance a poussé la même logique sur des cylindrées encore plus faibles, avec les résultats que nous détaillons dans notre verdict sur la fiabilité du 0.9 TCe, l'autre bloc essence downsizé du groupe.

Les diesels dCi : turbo et injecteurs à surveiller

Sur la première génération (2007-2013), les moteurs 1.5 dCi ont souvent souffert de problèmes d'injecteurs et de turbo, en particulier sur les tout premiers millésimes 2007-2009. Sur la deuxième génération, un propriétaire de 1.6 dCi de 2015 témoigne d'une panne de turbo vers 80 000 km, fumée bleue et perte de puissance, suivie de deux ruptures de la durit d'admission d'air en l'espace d'un an, un point faible identifié comme récurrent sur ce moteur par d'autres membres du même forum. La vanne EGR est également un point de vigilance, avec des pertes de puissance et un voyant moteur qui s'allume généralement entre 90 000 et 100 000 km.

Sur les trajets exclusivement urbains, le filtre à particules a tendance à s'encrasser plus vite : ces moteurs diesel sont plus à leur aise sur route et autoroute qu'en usage citadin répété. Si vous visez un usage principalement urbain avec de nombreux petits trajets, un diesel dCi n'est probablement pas le bon choix, quelle que soit la génération : privilégiez plutôt l'essence ou l'hybride e-Power abordé plus loin.

Un dernier point à surveiller sur les diesels, tous millésimes confondus : un cliquetis métallique au démarrage à froid, plus marqué que le bruit habituel d'un diesel, peut trahir une chaîne de distribution qui commence à se détendre. C'est rare, mais quand ça arrive, le moteur est généralement bon pour la casse. Prenez le temps d'écouter attentivement le démarrage lors de l'essai, moteur complètement froid, pas juste tiède après un tour du pâté de maisons avec le vendeur.

La boîte Xtronic (CVT) : le point faible transverse

Quelle que soit la génération, la boîte automatique Xtronic (une transmission à variation continue, CVT) reste le point faible le plus régulièrement cité. Elle demande un entretien rigoureux pour éviter les à-coups et le patinage, et peut casser sans prévenir sur les exemplaires négligés. Une réparation complète coûte entre 2 000 € et 5 000 € selon la gravité. Avant d'acheter un Qashqai équipé de cette boîte, testez impérativement un long trajet pour détecter d'éventuels retards ou à-coups dans les changements de rapport.

Qashqai III (2021 et après) : quels points de vigilance récents ?

Le Qashqai III marque un vrai progrès en fiabilité générale, mais il n'est pas exempt de tout défaut. Sur le moteur e-Power (190 ch, lancé en septembre 2022), un défaut logiciel spécifique existe : le message "Défaut e-Power, redémarrage impossible après coupure contact" signale un problème avec le générateur d'électricité, à remplacer sous garantie constructeur.

Les autres points de vigilance sont plus mineurs : système de reconnaissance des panneaux parfois erroné, freinage d'urgence qui se déclenche sans raison apparente, connexion Apple CarPlay ou Android Auto instable, quelques bruits de train arrière sur route dégradée. La plupart de ces soucis se corrigent via une mise à jour logicielle, autour de 150 €.

Quelles motorisations privilégier à la place ?

Pour un usage urbain et mixte, le 1.3 DIG-T 140 ch reste le meilleur compromis : agréable à conduire, économique, sans les défauts de son cousin le 1.2 DIG-T. Pour de plus longs trajets sans se soucier des reprises, la version 158 ch en boîte Xtronic apporte davantage de douceur, au prix d'une consommation un peu plus élevée hors ville.

Pour les gros rouleurs qui privilégient le diesel, le 1.6 dCi 130 ch des versions restylées à partir de 2017 constitue un choix raisonnable, sobre et bien dimensionné, à condition d'un entretien rigoureux et d'un usage majoritairement routier.

Enfin, l'e-Power 190 ch (à partir de septembre 2022) séduit en ville par sa sobriété et son agrément de conduite proche d'un véhicule électrique, en gardant à l'esprit le défaut logiciel mentionné plus haut, généralement résolu sous garantie sans frais.

Si votre budget est serré et que vous devez vous tourner vers la deuxième génération malgré tout, ne l'écartez pas en bloc : un exemplaire équipé du 1.3 DIG-T sur la toute fin de commercialisation, avec un carnet d'entretien complet et un kilométrage raisonnable, reste un achat tout à fait défendable. C'est vraiment le 1.2 DIG-T de la période 2012-2016 qu'il faut écarter, pas la génération entière. Pour élargir la comparaison au reste de la gamme, notre panorama des moteurs Nissan à éviter replace le Qashqai parmi les autres modèles de la marque.

Notre checklist avant d'acheter un Qashqai d'occasion

  1. Vérifiez la date de fabrication du moteur, pas seulement l'année d'immatriculation, en particulier sur les versions 2016-2017.
  2. Contrôlez le niveau et la couleur de l'huile avant l'essai, surtout sur un 1.2 DIG-T.
  3. Écoutez le démarrage à froid : un bruit métallique ou un cliquetis anormal peut signaler une chaîne de distribution détendue.
  4. Testez la boîte Xtronic sur un long trajet pour détecter à-coups ou retards de passage de rapport.
  5. Exigez l'historique d'entretien complet, avec une préférence pour un suivi en concession Nissan plutôt qu'en centre auto généraliste.

FAQ : Questions fréquentes

Quel Qashqai a une chaîne de distribution ?

Les moteurs essence DIG-T (1.2 et 1.3) utilisent une chaîne de distribution, contrairement aux diesels dCi qui emploient une courroie. Sur le 1.2 DIG-T défectueux, la surconsommation d'huile peut accélérer l'usure de cette chaîne.

Vaut-il mieux prendre un Qashqai 1.5 diesel ou 1.2 essence ?

Ça dépend de votre usage. Pour de gros kilométrages routiers réguliers, le diesel reste pertinent. Pour un usage urbain ou mixte modéré, préférez l'essence, mais uniquement en 1.3 DIG-T, jamais en 1.2 DIG-T de la période 2012-2016.

Les Nissan Qashqai sont-elles des voitures fiables ?

Dans l'ensemble oui, à condition d'écarter les configurations identifiées ici. La fiabilité s'est nettement améliorée au fil des générations, la troisième étant la plus aboutie sur ce plan.

Quels sont les principaux inconvénients du Nissan Qashqai ?

Au-delà des points moteur traités dans cet article, les principaux reproches concernent la boîte Xtronic sur les modèles négligés et, sur les versions les plus récentes, quelques bugs logiciels sur les aides à la conduite et le système multimédia.